RLF (Revue Laitière Française) 27 novembre 2012 à 12h54 | Par R.Lemoine

Allégations santé - Les probiotiques demandent à être classés « génériques »

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- © Cniel

L’inscription du terme probiotique sur les emballages alimentaires ne sera plus possible à partir du 14 décembre 2012, date qui signe la fin de la période de transition pour les allégations santé non approuvés par l’article 13(3) du règlement 1924/2006. Un véritable manque à gagner quand on sait que depuis 1996, selon Mintel, 400 nouveaux produits avec la mention « aux probiotiques », sont lancés chaque année dans différents secteurs: viande, pâtisserie, baby food, céréales, boissons et produits laitiers (83,5 % des lancements de 1996 à 2020).

Face à la position de la Commission européenne qui considère que le terme probiotique est une allégation santé en soi, les industriels des produits laitiers frais et les fabricants de ferments réunis dans l’organisation internationale Ylfa (Yoghurt and Live Fermented Milks Association) ne désarment pas. Ils tentent une nouvelle percée et demandent que le terme probiotique soit considéré comme générique.

PAS DE STATUT LÉGAL

Explications : « Il n’existe actuellement aucun statut légal pour les probiotiques en Europe, ce qui rend le dossier très complexe. Dans son interprétation de 2007, la Commission ne se réfère d’ailleurs à aucune définition précise des probiotiques. Nous considérons qu’il faut bien distinguer entre l’utilisation du mot « probiotique » comme descripteur générique d’une catégorie de produits et l’aspect « allégation de santé ». Selon l’article 1.4 du règlement  européen sur les allégations, un produit alimentaire dont le nom présente un caractère traditionnel et aurait une « connotation santé », peut être reconnu comme un descripteur générique par la Commission européenne », explique Carine Lambert, directrice de l’Ylfa. Si toutefois le producteur souhaite alléguer les effets santé de son produit, il devra bien entendu se soumettre à la procédure d’autorisation de l’Efsa.

Le mot « probiotique » est apparu pour la première fois dans les années cinquante, mais le marché s’est développé dans les années quatre-vingt-dix. Néanmoins, dans de nombreux pays européens, les probiotiques bénéficient d’une reconnaissance importante. Les probiotiques sont très répandus au Royaume-Uni, en Italie et en Allemagne où ils représentent 53 % des lancements de nouveaux produits depuis 1996 selon Mintel. « Par ailleurs, en Angleterre, le « probiotic yogurt » désigne principalement un yaourt vivant par opposition à un « yaourt thermisé », rapporte Carine Lambert. Nous estimons que l’industrie doit pouvoir continuer à utiliser le mot probiotique ne fût-ce que pour informer le consommateur ».

L’Ylfa a ainsi soumis un dossier juridique à plusieurs États-membres pour demander la reconnaissance générique du terme probiotique. De fortes chances existent pour que l’Italie porte le dossier devant la Commission européenne dans les prochains jours. De son côté, Global Alliance for Probiotics (GAP), une association qui regroupe des fabricants de ferments probiotiques et de produits laitiers probiotiques, envisage de demander une allégation santé à l’Efsa pour un cluster de souches probiotiques avec à l’appui, un solide dossier scientifique. Affaire à suivre.

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