RLF (Revue Laitière Française) 04 février 2015 à 08h00 | Par A-M. Paulais

Anne Randles, Irish Dairy Board

L’objectif de produire + 50 % de lait d’ici 2020 dans un pays qui exporte plus de 80 % de sa production laitière met en avant l’Irish dairy board, premier exportateur du pays. Sa secrétaire générale détaille la stratégie mise en place.

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Anne Randles, secrétaire générale de l’Irish Dairy Board
Anne Randles, secrétaire générale de l’Irish Dairy Board - © R. LEMOINE

 

Pouvez-vous nous rappeler ce qu’est l’Irish dairy board ?

Anne Randles - L’Irish dairy board est une coopérative de commercialisation du lait et des produits laitiers irlandais. Elle vend les produits de ses 40 membres, producteurs et transformateurs de produits laitiers. Elle réalise un chiffre d’affaires de 2,7 milliards d’euros, emploie 3 100 personnes dans le monde et exporte environ 60 % des produits laitiers de l’Irlande vers plus d’une centaine de pays. Nous avons plusieurs métiers : la recherche et le développement de nouveaux produits, mais aussi le packaging et le marketing. Nous sommes organisés en trois départements : produits de consommation (38 % de notre chiffre d’affaires), ingrédients et spécialités qui représentent chacun 31 % de notre chiffre d’affaires. Le Royaume- Uni reste notre client historique avec 36 % de nos ventes à part quasiment égale avec les autres pays de l’Union européenne (37 %). Les autres destinations sont l’Afrique 10 %, l’Amérique du Nord 7 %, le reste du monde 7 % et l’Amérique latine 3 %. En matière d’exportation, l’Afrique c’est notre Chine à nous !

 

Comment voyez-vous l’après quotas à partir d’avril 2015 ?

A. R. - L’objectif fixé par notre gouvernement d’une croissance de +50 % de la production laitière dans le cadre du programme FoodHarvest 2020 a créé une dynamique pour l’après-quota. L’Irlande exporte actuellement l’équivalent de 80 % de sa production laitière. Cependant, vu notre poids dans la production laitière de l’Union européenne (moins de 5 %), la croissance de nos exportations n’aura que peu d’impact dans l’équilibre des marchés européens. Dans le détail, cela voudra dire, passer de 154 000 à 226 000 tonnes de fromages soit +47 %, de 130 000 à 245 000 tonnes de beurre soit +89 % et de 25 000 à 118000 tonnes de poudre de lait soit +372 %. L’augmentation des volumes vendus s’accompagnera d’une recherche de valeur ajoutée.

 

Sur quels produits et marchés mettez-vous l’accent ? Qu’exportez- vous et où ?

A. R. - Pour atteindre notre objectif de 3 milliards d’euros de chiffre d’affaires en 2020, nous comptons jouer sur cinq leviers : la croissance de nos marques, la vente de nouveaux produits, le développement de notre réseau commercial, des investissements sous forme de prises de participation et une expansion mondiale. Nous avons investi 200 millions d’euros depuis 2012 et devrions intensifier nos investissements jusqu’en 2020.

En matière de marque, nous soutenons le développement de Kerrygold, très connue pour le beurre, mais aussi Pilgrim’s choice, MU et Beo. En collaboration avec l’institut de recherche de Teagasc, nous mettons au point de nouveaux fromages. Pour développer notre réseau commercial, nous avons recruté 35 personnes qui sont autant de relais en Amérique latine, Afrique, Chine, Russie ou Arabie saoudite. Nous avons investi un total de 100 millions d’euros dans des outils industriels en Irlande (unité de production et d’emballage de beurre à Mitchelstown), mais aussi au Royaume-Uni, en Allemagne, aux USA et en Arabie saoudite. Dans ce dernier pays, nous investissons actuellement 16 millions d’euros dans un outil industriel qui permettra de faire du fromage à partir de poudre de lait. Pour assurer notre expansion mondiale, nous avons acquis des entreprises au Royaume-Uni, aux USA, en Espagne et en Arabie saoudite. Nous restons très soucieux du retour financier que nous pouvons faire à nos membres pour leurs éleveurs.

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