RLF (Revue Laitière Française) 24 octobre 2013 à 08h00 | Par R.Lemoine

AOP - IGP - Le Cnaol pour un engagement collectif encore plus fort

Le congrès du Cnaol qui s’est tenu fin septembre dernier à Évian, a révélé une profession plus que jamais décidée à faire entendre ses particularités.

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Dominique Chambon, président du
Cnaol : « Maintenir des savoir-faire
spécifiques, valoriser les ressources
liées au terroir et démontrer la
durabilité des filières AOP, tels sont
les objectifs du nouveau RMT en cours 
d'agrément."
Dominique Chambon, président du Cnaol : « Maintenir des savoir-faire spécifiques, valoriser les ressources liées au terroir et démontrer la durabilité des filières AOP, tels sont les objectifs du nouveau RMT en cours d'agrément." - © R.d

 

Bienvenue en pays d’Abondance. C’est là où le Cnaol a tenu cette année son congrès, le 27 septembre dernier, à Evian plus précisément, invité par l’organisme de défense et de gestion (ODG) du fromage AOP. « Nous avons obtenu l’AOP en 1990 et depuis nous connaissons une croissance de 10 % par an », se réjouit le président, Emmanuel Chessel. Il se fabrique aujourd’hui 2406 tonnes d’abondance dont 686 tonnes de fromages fermiers. Les ateliers se sont multipliés.On compte, pour 178 producteurs de lait, 61 ateliers fermiers et 12 fromageries, des coopératives pour l’essentiel. Cette pâte demi-cuite de 6 à 12 kilos a encore de beaux jours devant elle. Elle bénéficie d’un budget de promotion de 200000 euros, consacré à de l’af- fichage dans la zone AOP, mais aussi à Lyon et Grenoble pendant la saison de ski. Au-delà de la communication, l’AOP profite en termes d’image, du travail réalisé autour de la race. L’objectif est d’aller vers 45 % de vaches de race Abondance à l’horizon 2016, comme le stipule le cahier des charges qui a été renouvelé récemment (la moyenne sur la zone est de 40 % aujourd’hui mais avec de grandes disparités entre les élevages ce qui met en danger l’habilitation des retardataires). La limitation de la taille des ateliers (500 000 litres pour les fermiers et 5 millions de litres pour les laitiers) et l’encadrement de l’alimentation des vaches vont dans le même sens.

 

RENOUVELER LE RMT FROMAGES DE TERROIR

 

L’ODG du fromage abondance, est partie prenante de l’Aftalp, l’association des sept fromages de Savoie sous signe de qualité. Ce qui lui permet d’accéder à une force de frappe importante quand il s’agit de projets de recherche, notamment. Ainsi le fromage abondance a été proposé pour être « filière terrain » pour la caractérisation des composés d’intérêts nutritionnels des fromages dans le cadre du Réseau mixte technologique (RMT) « fromages de terroir ».

La recherche était d’ailleurs le thème principal du congrès du Cnaol. Une occasion pour découvrir les résultats de cinq années de travaux de ce RMT qui est en cours d’agrément pour une nouvelle période (2014-2018). L’ambition du Cnaol en la matière est forte. La création d’une commission « recherche et développement » en témoigne. Celle-ci a eu la mission de définir les objectifs du nouveau RMT.

 

FACE À L’INAO

 

Autre sujet débattu, les attentes des ODG vis-à-vis de l’Inao qui a augmenté en 2013 ses droits de 30 %, provoquant une levée de boucliers. « Nous sommes déterminés à faire évoluer en profondeur les dispositifs qui entourent nos AOP sur la gestion des cahiers des charges, le contrôle, le suivi juridique… », a exprimé Dominique Chambon, le président du Cnaol. En effet, l’Inao est en pleine réforme. Invité à la tribune, son directeur Jean-Luc Dairien a tenté d’apaiser les esprits. « Simplification n’est pas allègement », a-t-il souligné pour expliquer le passage de 25 sites à 18. Il a ainsi précisé que le service juridique de l’Inao va monter en puissance en termes d’affectations de personnel. « Le 14 novembre, nous donnerons les noms des référents dans chaque centre », a ajouté Jean- Charles Arnaud, le président de l’Inao, en faisant remarquer que les dossiers AOP déposés à l’Inao ne doivent pas être creux.

Concernant la gestion des volumes de fromages accordés aux AOP et IGP dans le cadre du Paquet lait, seul le comté, qui a à son compte 18 années de régulation, a franchi le cap européen — son plan de campagne déposé à Bruxelles n’a pas été retoqué. Les dossiers du beaufort, du reblochon et du morbier déposés auprès de l’administration française, peinent à aboutir. Les difficultés proviennent de l’interprétation des textes et de leur mise en application. « La Commission européenne a été saisie aux fins d’explications. Les textes sont maintenant clairs », a commenté Bruno Ferreira, qui représentait le ministre de l’Agriculture.

Cette réunion a été aussi l’occasion de remercier chaleureusement deux personnes pour avoir insufflé leur énergie et leur dynamisme dans la filière AOP: Anne Richard qui a passé douze années à la direction du Cnaol et Jean-Jacques Bret, qui a été pendant 30 ans à la tête du Comité interprofessionnel du comté.

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