RLF (Revue Laitière Française) 13 août 2013 à 08h00 | Par ANNE-MARIE PAULAIS

Cécile Bassot, directeur général du groupe Sopexa - La « French touch » est une carte à jouer

L’agroalimentaire a généré un excédent de 12 milliards d’euros en 2012, une exception française. Pourtant, sur les marchés internationaux, la France est en perte de vitesse. Sur quels atouts jouer pour reconquérir des parts de marché ?

Abonnez-vous Réagir Imprimer
« Aborder les marchés
de manière collective est 
une bonne carte à  jouer »
« Aborder les marchés de manière collective est une bonne carte à jouer » - © A.-M. Poulain

 

Spécialisée dans l’exportation des produits alimentaires, Sopexa fait figure d’exception dans le monde ?

Cécile Bassot - En effet, Sopexa est un groupe de marketing international, spécialiste des secteurs alimentaires, vin et art de vivre, capable de conseiller des filières mais aussi des collectivités territoriales, des organismes publics et des entreprises. Nos 280 collaborateurs, imprégnés de la culture du pays dans lequel ils vivent, sont à même d’aider les entreprises et les filières agroalimentaires françaises à s’implanter sur les marchés étrangers. Nous n’avons pas d’équivalent dans le monde. Aujourd’hui, 2400 entreprises et marques, 130 filières et collectivités nous font confiance pour leur marketing et leur communication dans 43 pays. Cela nous donne un regard d’expert sur le commerce international des produits agroalimentaires.

 

En quoi la « French touch », peut-elle être un facteur de réussite à l’international ?

C. B. - Dans le monde, l’image de l’art de vivre à la française est très positive. Il faut l’utiliser. Elle renvoie souvent à un imaginaire historique et nostalgique, qu’il faut inscrire dans l’avenir et adapter à la culture locale en démontrant que les produits français peuvent très bien s’intégrer. Par exemple, pour la campagne « fromage » au Japon menée pour le compte du Cniel, nous associons, dans des créations visuelles, les fromages français à des éléments de la culture alimentaire japonaise, tout en jouant sur la symbolique des saisons, à laquelle les Japonais sont très sensibles. Autre exemple, depuis dix ans, Sopexa fait la promotion de l’apéritif à la française, c’est-à-dire d’un moment de consommation simple et décomplexé qui permet de faire découvrir notre culture culinaire sans l’arrogance que l’on peut parfois nous reprocher.

 

La « French touch » concerne donc autant les produits que les modes de consommation ?

C. B. - Dans la plupart des cas, les consommateurs confrontés à nos produits pour la première fois font face à de nouveaux modes de consommation, il faut les accompagner. Le rôle des prescripteurs, véritables passeurs vers les consommateurs, est très important, il faut travailler avec eux. Il faut aussi jouer les synergies. En Chine, nous avons fait des dégustations de vins et de fromages français qui ont remporté un vif succès. En Russie, nous avons associé la présentation des fromages avec un défilé de mode pour capitaliser sur l’image « tendance » de notre art de vivre. Par ailleurs, aborder les marchés de manière collective est une bonne carte à jouer. Pour des raisons de sécurité sanitaire, la Chine est actuellement très intéressée par des poudres infantiles.Vu la taille du marché chinois, il pourrait être intéressant pour les entreprises françaises de se présenter sous une seule et même marque.

 

La « French touch » passe-telle aussi par le digital ?

C. B. - Les métiers de la communication et du marketing évoluent rapidement. Nous ne pouvons ignorer les supports numériques, surtout dans la mesure où ils touchent les leaders d’opinion et les réseaux sociaux. Dans le groupe, 15 spécialistes du marketing digital basés dans 12 pays clés assurent une veille internationale. Experts de l’agroalimentaire, les membres de notre « digital factory » sont à même de proposer des dispositifs innovants aux entreprises et aux filières, notamment sur les réseaux sociaux. En Russie, par exemple, notre défilé de mode s’est accompagné d’un site internet suggérant des idées de consommation des fromages. Désormais, l’activité digitale représente 10 % de l’activité totale du groupe et un moyen complémentaire pour faire connaître l’art de vivre à la française.

 

IDENTITE

 

écile Bassot est directeur général de Sopexa depuis mars 2009.

Elle était précédemment directeur du pôle « Alimentation » chez Comexposium, en charge notamment du Salon international de l’alimentation. Elle est diplômée du CESA.

Réagissez à cet article

Attention, vous devez être connecté en tant que
membre du site pour saisir un commentaire.

Connectez-vous Créez un compte ou

Les opinions émises par les internautes n'engagent que leurs auteurs. Revue Laitière Française se réserve le droit de suspendre ou d'interrompre la diffusion de tout commentaire dont le contenu serait susceptible de porter atteinte aux tiers ou d'enfreindre les lois et règlements en vigueur, et décline toute responsabilité quant aux opinions émises,

Les ARTICLES LES PLUS...

Voir tous

Voir tous

Voir tous

À LA UNE DANS LES RÉGIONS

» voir toutes 23 unes régionales aujourd'hui