RLF (Revue Laitière Française) 13 février 2013 à 15h30 | Par R.Lemoine

Journée Iesiel - Des stratégies tournées vers l'international

« Quels produits, quelles technologies, quels marché pour l'après 2015 ?», tel était le titre de la journée de l'IESIEL qui a fait salle pleine à la Maison du lait fin décembre 2012.

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L'impact de la fin des quotas sur l'industrie laitière a constitué le coeur de la journée annuelle de l'IESIEL en décembre dernier. Vincent Chatelier et Benoit Rouyer, économistes respectivement à l'Inra (Nantes) et au Cniel ont planté le décor. Côté production, la France apparait bien armée pour produire plus, malgré les incertitudes liées à la PAC. Elle devrait pouvoir répondre à une demande mondiale qui s'annonce croissante dans les années à venir notamment en Asie. Les pays de cette zone sont déficitaires en lait et leur production agricole ne devrait pas pouvoir y remédier. Ce déficit est même amené à se creuser dans les années à venir, selon Benoît Rouyer qui invite à se tourner davantage vers l'international. Les intervenants qui se sont succédés à la tribune, ont souligné l'engagement dans cette voie des entreprises françaises et la cohérence des projets industriels.

LES AVANCÉES DE « CHEASING UP »

La fabrication de poudres fromagères pour la production de fromage sans séparation de sérum, va effectivement dans ce sens. Jean-Jacques Snappe, responsable application chez Ingrédia, a expliqué les avancées de ce concept mis au point il y a 25 ans. Après le yaourt, le fromage blanc, la feta et le cream cheese, « Cheasing up », le nom de code donné à cette technologie, s'attaque aux pâtes molles et aux pâtes pressées. « 22 pays au Proche-Orient et en Asie ont participé à des essais », a-t-il révélé. Les fabricants de ferments laitiers sont aussi de l'aventure. Gilles Didelot et Anne-Claire Bauquis de Chr Hansen ont montré comment leur entreprise accompagne ces innovations dans un souci de naturalité, de diminution du temps d'affinage tout en gardant les qualités aromatiques.
Autre produit en vogue actuellement à l'export, le lait infantile ou les ingrédients rentrant dans sa composition. Rien d'étonnant quand on sait qu'on dénombre 30 millions de naissance par an en Afrique, 27 millions en Inde, 18 millions en Chine et 15 millions en Amérique du Sud. « Le marché des laits infantiles a progressé de 100 % entre 2003 et 2009. Armor protéines (groupe Bongrain), s'y consacre entre autres en développant les ingrédients laitiers nécessaires à une production sécurisée et de qualité. Car nous maîtrisons les ressources en lait et un vaste panel de technologies laitières et nous traitons tous les composants issus du fractionnement du lait et du lactosérum », a expliqué Simon Lévesque, marketing project manager. Une traçabilité sans faille, indispensable pour attaquer les marchés à l'international et porteuse de l'image qualitative de la France.

LA FRANCE A SA PLACE À L'INTERNATIONAL

Cette adaptation à l'évolution de la demande est dans la feuille de route de toutes les entreprises. Entremont, passé dans le giron de Sodiaal en 2010, a revu toute sa stratégie industrielle et commerciale pour améliorer sa rentabilité en ayant la conviction que la France a sa place dans la course mondiale du lait. La carte qu'a choisie de jouer Entremont est celle du couple fromage/sérum. Eurosérum, qui traite le lactosérum issu de la fabrication de l'emmental et autres pâtes pressées cuites, a depuis des décennies fait de la poudre de lactosérum déminéralisée, son produit phare, accumulant ainsi les bénéfices de cette stratégie gagnante. Pour le fromage, Entremont vise entre autres, l'utilisation culinaire et les IAA. « 32 Kt de fromage en tranches ont été vendus en 2011 à la RHF en France, soit près de trois fois le volume réalisé en GMS. 3000 Kt de fromage fondu ont été vendus dans le monde soit 15 % du total fromage. 539 tranches de fromage sont consommées chaque seconde chez McDonald's dans le monde », a rappelé François Boudon, directeur d'Entremont. De quoi orienter les choix industriels d'Entremont. « Nous avons augmenté nos volumes de 13 % et nos exportations de 15 % en 2012 », conclut-il.
L'international n'est pas réservé aux grands groupes. La fromagerie Lincet (29 millions de CA), mise elle aussi sur l'export. Pour cela, elle chasse en groupe comme le conseille Hervé Lanoë de la société de négoce international Fit. « Cinq fromagers ont créé en 2007 un GIE : le French cheese club, pour mieux approcher le marché aux États-Unis. Nous pourrions développer cette même démarche en Russie », a expliqué Didier Lincet. Son entreprise réalise aujourd'hui 30 % de son chiffre d'affaires à l'export.
« Ces témoignages montrent que nous sommes déjà dans l'après quotas. 2015 est juste une barrière/image. La vitalité, l'agressivité positive et l'optimisme affichés lors de cette journée me laissent confiant dans l'avenir », a conclu le président de la journée, Frédéric Chausson, directeur de développement coopératif chez Sodiaal.

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