RLF (Revue Laitière Française) 17 juillet 2017 à 08h00 | Par R.Lemoine

L'américain Schreiber arrive en France

Présent en Europe depuis 1992, l'américain Schreiber arrive en France en rachetant au groupe Bel le site de Cléry, dans l'Est. Ce spécialiste des MDD reprend l'activité fromage qu'il compte développer et investit dans l'ultrafrais en partenariat avec Système U.

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Depuis le premier juillet 2017, la cession de l'usine de Cléry-le-Petit dans la Meuse et ses caves d'affinage de Bar le Duc et de Maredsous (Belgique) par le groupe Bel, au troisième groupe américain Schreiber, est effective. L'activité fromagère de ce complexe fromager de l'Est de la France souffrait depuis plusieurs années d'une baisse de volumes de fabrication. Dans le cadre de ce rachat, Schreiber sous-traitera les produits à la marque Bel que le groupe fromager continuera à commercialiser (Port Salut, Maredsous, Bonbel, Cousteron...) et reprend de ce fait l'ensemble des contrats de travail des salariés. L'accord porte sur une exclusivité de dix ans pour les produits désignés. Schreiber devrait développer l'activité fromage sous marques de distributeurs et de commodités. Par ailleurs, le groupe américain compte investir dans la construction d'un nouvel atelier dédié au marché déjà fort bagarré de l'ultrafrais à travers un accord exclusif avec Système U autour de la fourniture de 47 000 tonnes de produits par an. Le démarrage de la production est prévu pour début 2019 et devrait permettre le recrutement de 66 personnes.

QUI EST SCHREIBER ? Spécialiste de la tranche fondu (fournisseur entre autres de McDonald's) le groupe s'est diversifié au début des années 2000 dans le cream cheese et les yaourts. Présent en Allemagne dès 1992, il a constitué deux joint-ventures avec l'autrichien Rupp en 2010 puis 2012 autour des fromages fondus. Il s'est ensuite renforcé en 2014 en rachetant quatre sites à Danone (Portugal, Espagne, Bulgarie et république Tchèque). En 2015, il s'emparait de l'usine slovaque et des deux sites espagnols de Senoble, devenant ainsi le numéro deux du marché des yaourts dans la péninsule ibérique et le premier fournisseur de MDD. Présent aussi au Mexique, Brésil et en Inde, Schreiber est l'entreprise laitière américaine la plus internationalisée avec Mondelez. Le groupe dispose de 28 sites de production répartis dans onze pays, dont 15 aux États-Unis et 13 à l'international. Il compte 8 000 salariés dont près de 1 500 en Europe. Schreiber figure dans le top 18 des plus grands groupes laitiers mondiaux avec 5 milliards d'euros de chiffre d'affaires dont 30 % réalisés en Europe avec 80 % des volumes sous marques de distributeurs. Il arrive en 4e position aux États- Unis. Son positionnement est organisé autour de trois activités : le comanufacturing (Danone, Yoplait et Pepsi), les MDD (Tesco, Walmart, Mercadona et Continente) et le foodservice (McDonald's, Burger King et Domino's pizza).

QUESTION À

Jérôme Servières, président de Syndifrais, l’association professionnelle qui regroupe les producteurs de produits laitiers frais en France, réagit à l’annonce de la construction d’un nouvel outil destiné à l’ultrafrais alors que le secteur est face à une surcapacité industrielle.

Pourquoi les adhérents de Syndifrais s’émeuvent-ils de l’annonce de Schreiber et de Systeme U ?

J.- S. - « Le projet de création du nouvel outil de production de 47 000 tonnes de produits frais, issu d’un partenariat entre Schreiber Foods et Système U(1), est une mauvaise nouvelle pour l’ensemble du secteur laitier. Localement, pour l’élevage laitier et pour l’industrie agroalimentaire, cet investissement peut être perçu comme une bonne nouvelle. Mais attention, il ne faut pas perdre de vue que l’ultrafrais en France souffre d’une surcapacité estimée à près de 700 000 tonnes (étude 2015 commandée par Crédit agricole SA d’après entretiens auprès d’opérateurs). La mise en place de nouveaux outils qui ne correspondent pas à une demande du marché ne peut donc que dégrader un segment déjà en berne et contribuer à tirer la catégorie vers le bas, compromettant ainsi la revalorisation du prix du lait attendue par les éleveurs français. »

 

(1) Communiqué du 21 mars 2017.

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