RLF (Revue Laitière Française) 08 septembre 2014 à 08h00 | Par A-M. Paulais

l'Inao - « Rendre plus lisibles les services rendus »

Réformé, l'Institut national de l'origine et de la qualité a pour ambition de mieux servir l'ensemble des signes de qualité qu'il défend. Et à mieux le faire savoir...

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Jean-Charles Arnaud,
pésident de l'Inao
Jean-Charles Arnaud, pésident de l'Inao - © R.d

 

Où en est la réforme de l'Inao ?

Jean-Luc Dairien - La réforme de l'Inao a été votée en décembre 2012 par le conseil permanent qui rassemble l'État et les professionnels. Créé en 1935 à partir des AOC viticoles, l'Inao a vu le champ de ses compétences s'étendre à l'ensemble des signes d'identification de la qualité et de l'origine (AOC/AOP, Label rouge, Indication géographique protégée, Spécialité traditionnelle garantie, Agriculture biologique) et à l'ensemble des filières agroalimentaires. Il fallait donc redéfinir les missions de chacun des 260 agents de l'établissement ; il fallait répondre aux besoins nouveaux, par exemple identifier des référents juridiques de manière précise, rationaliser le fonctionnement des sites pour que chacun d'eux représente mieux la polyvalence des métiers et dispose de plus de moyens pour travailler.

Jean-Charles Arnaud - Tout est en place pour que la réforme de l'Inao soit pleinement opérationnelle à la rentrée. Nous y avons travaillé depuis 18 mois. En ce mois de juillet, nous venons de décider la mise en place de commissions transversales ouvertes qui nous permettront, sur un sujet donné, de nous associer les compétences d'experts extérieurs à l'Inao.

 

Qu'est-ce que cela signifie pour la filière laitière ?

J.-L. D. - Pour les filières laitières, cette réorganisation aboutit à des centres principaux : l'un en Auvergne à Aurillac (Cantal), l'autre à Dijon (Côte d'Or) sans oublier Caen (Calvados). D'autre part, depuis le 1er juin, les services nationaux sont organisés en quatre pôles par filière (vins, produits agricoles et agroalimentaires, Label rouge et bio) et sont les interlocuteurs des comités nationaux, dont un est en charge des produits laitiers.

J.-C. A. - L'un des objectifs de la réforme était de gagner en efficacité tout en générant des économies. En passant de 25 à 18 sites (relevant de 8 délégations territoriales: Nord- Est, Centre-Est, Sud-Est, Languedoc- Roussillon, Sud-Ouest, Auvergne-Limousin, Ouest et Val de Loire), nous avons constitué des équipes pluridisciplinaires et polyvalentes sur chaque site pour mieux répondre aux attentes des professionnels. L'embauche et la nomination d'un référent laitier est en cours, il sera basé à Aurillac, site qui regroupe les ODG de plusieurs AOP du Massif central, un centre de recherches Inra, une école de laiterie, un laboratoire d'analyse du lait. Il aura pour mission de coordonner les actions dans le secteur laitier.

 

Avec une augmentation de 30 % des droits payés par les organismes de défense et de gestion ?

J.-C. A. - L'affichage en pourcentage de l'évolution du droit Inao est trompeur. Il faut déjà rappeler que le droit n'avait pas évolué depuis de nombreuses années et il faut l'analyser en valeur absolue pour mettre en perspective le rapport coût/service rendu. Concrètement, après cette première évolution, il s'élève à 0,00433EUR par kilo de fromage. Rappelons que l'Inao a pour but principal la rédaction des textes de loi régissant les produits AOP dont les fromages, et que les professionnels constituent la composante très majoritaire des comités de l'Institut. Rappelons enfin que le ministre de l'Agriculture peut valider ou rejeter un texte, mais qu'il n'a pas la capacité à le modifier.

J.-L. D. - Le budget de fonctionnement de l'Inao est assuré à hauteur de 75 % par l'État et de 25 % par les filières. Ce qui revient à dire que l'État consacre 16 millions d'euros à ce volet de la politique de qualité. Le défi pour l'Inao est de rendre plus lisibles les services rendus. L'enjeu pour nous est actuellement de consolider la nouvelle organisation, de renouveler les équipes et, à partir de 2015, d'améliorer notre communication avec un budget soutenu par l'Union européenne.

 

Quelles sont vos actions à l'export ?

J.-C. A. - Alors que les fromages sous appellation d'origine s'exportent de plus en plus, ils risquent de plus en plus d'être copiés. Le renforcement de notre service juridique dans un contexte d'augmentation des ventes sur les marchés mondiaux est l'un des axes forts de la réforme de l'Inao demandée par les professionnels. Au total, pour le suivi de 1000 produits, l'Inao disposera de 11 personnes à Paris et dans les principales unités territoriales.

J.-L. D. - À l'export, nous menons des actions judiciaires dans les pays qui tentent d'usurper les appellations d'origine, mais nous essayons aussi d'expliquer l'intérêt à développer des signes de qualité, par exemple en Inde avec le riz basmati. Notre action s'exerce aussi en France. Dans le cadre de la loi d'avenir agricole, nous avons à expliquer le rôle des signes d'identification de la qualité et de l'origine pour le maintien et le développement de l'activité agricole.

 

Comment s'est réglé le conflit avec Carrefour ?

J.-L. D. - On ne pouvait pas admettre l'appropriation de notre concept fondateur par une entreprise, même si nous avons par ailleurs avec ce groupe des collaborations efficaces. Ce qu'il faut bien appeler une MDD « Origine et qualité », ne pouvait être détourné au seul usage d'une entreprise privée. Nous avons apporté, à cette occasion, un signe de notre volonté de défendre la politique des signes de qualité.

J.-C. A. - Nous venons de signer un accord avec le groupe Carrefour après de longs mois de discussion. Carrefour s'est engagé à retirer sa marque « Origine et qualité » et s'est déclaré prêt à un accord plus large pour des développements dans le futur.

Jean-Luc Dairien,
directeur de l'Inao
Jean-Luc Dairien, directeur de l'Inao - © R.d

Avec une augmentation de 30 % des droits payés par les organismes de défense et de gestion ?

J.-C. A. - L'affichage en pourcentage de l'évolution du droit Inao est trompeur. Il faut déjà rappeler que le droit n'avait pas évolué depuis de nombreuses années et il faut l'analyser en valeur absolue pour mettre en perspective le rapport coût/service rendu. Concrètement, après cette première évolution, il s'élève à 0,00433EUR par kilo de fromage. Rappelons que l'Inao a pour but principal la rédaction des textes de loi régissant les produits AOP dont les fromages, et que les professionnels constituent la composante très majoritaire des comités de l'Institut. Rappelons enfin que le ministre de l'Agriculture peut valider ou rejeter un texte, mais qu'il n'a pas la capacité à le modifier.

J.-L. D. - Le budget de fonctionnement de l'Inao est assuré à hauteur de 75 % par l'État et de 25 % par les filières. Ce qui revient à dire que l'État consacre 16 millions d'euros à ce volet de la politique de qualité. Le défi pour l'Inao est de rendre plus lisibles les services rendus. L'enjeu pour nous est actuellement de consolider la nouvelle organisation, de renouveler les équipes et, à partir de 2015, d'améliorer notre communication avec un budget soutenu par l'Union européenne.

 

Quelles sont vos actions à l'export ?

J.-C. A. - Alors que les fromages sous appellation d'origine s'exportent de plus en plus, ils risquent de plus en plus d'être copiés. Le renforcement de notre service juridique dans un contexte d'augmentation des ventes sur les marchés mondiaux est l'un des axes forts de la réforme de l'Inao demandée par les professionnels. Au total, pour le suivi de 1000 produits, l'Inao disposera de 11 personnes à Paris et dans les principales unités territoriales.

J.-L. D. - À l'export, nous menons des actions judiciaires dans les pays qui tentent d'usurper les appellations d'origine, mais nous essayons aussi d'expliquer l'intérêt à développer des signes de qualité, par exemple en Inde avec le riz basmati. Notre action s'exerce aussi en France. Dans le cadre de la loi d'avenir agricole, nous avons à expliquer le rôle des signes d'identification de la qualité et de l'origine pour le maintien et le développement de l'activité agricole.

 

Comment s'est réglé le conflit avec Carrefour ?

J.-L. D. - On ne pouvait pas admettre l'appropriation de notre concept fondateur par une entreprise, même si nous avons par ailleurs avec ce groupe des collaborations efficaces. Ce qu'il faut bien appeler une MDD « Origine et qualité », ne pouvait être détourné au seul usage d'une entreprise privée. Nous avons apporté, à cette occasion, un signe de notre volonté de défendre la politique des signes de qualité.

J.-C. A. - Nous venons de signer un accord avec le groupe Carrefour après de longs mois de discussion. Carrefour s'est engagé à retirer sa marque « Origine et qualité » et s'est déclaré prêt à un accord plus large pour des développements dans le futur.

 

IDENTITE

Jean-Charles Arnaud est président de l'Inao depuis juillet 2013. Il assure également les fonctions de président du Comité national des appellations d'origine laitières, agroalimentaires et forestières depuis 2007. Il siège à l'Inao depuis 1996. Il a été président du Comité national des produits laitiers de 2004 à 2007. Fabricantaffineur de comté à Poligny et au Fort des Rousses, il est président des Fromageries Arnaud-Juraflore, il a fait des études supérieures de commerce et de gestion.

Jean-Luc Dairien est directeur de l'Inao depuis le 1er janvier 2013. Ingénieur en chef des ponts, des eaux et des forêts, il a exercé précédemment des fonctions de directeur départemental des territoires et de la mer dans l'Aude et en Loire-Atlantique. Directeur de 1997 à 2004 de l'Office national interprofessionnel des vins (Onivins), il a également été conseiller au sein de plusieurs cabinets ministériels et exercé des responsabilités dans la filière horticole.

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