RLF (Revue Laitière Française) 23 novembre 2015 à 08h00 | Par Anne-Marie Paulais

Cop 21 : l'occasion de faire connaître la ferme laitière bas carbone

La filière laitière n'a pas attendu la COP 21 pour mesurer son impact sur l'environnement. La conférence internationale sur le climat offre cependant une vitrine unique.Tour d'horizon des opportunités pour se faire mieux connaître.

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À Paris, la Conférence internationale sur le climat, COP 21 donne
l'occasion à la filière laitière d'afficher les solutions déjà mises en
oeuvre.
À Paris, la Conférence internationale sur le climat, COP 21 donne l'occasion à la filière laitière d'afficher les solutions déjà mises en oeuvre. - © P. Dureuil / Cniel

 

La conférence internationale sur le climat dite « COP 21 » se déroulera à Paris du 30 novembre au 11 décembre ; 40 00 personnes y sont attendues : représentants de 197 pays, responsables d'associations et d'ONG, chefs d'État et de gouvernement, observateurs. L'objectif est de trouver un accord pour limiter le réchauffement climatique mondial à moins de 2 °C. L'événement donne aussi l'occasion aux filières agricoles françaises d'inventorier et de faire connaître les solutions mises en place.

 

MOINS 20 % DE CO2 EN DIX ANS

Depuis juillet 2013 et le lancement avec l'Institut de l'élevage d'une expérimentation à grande échelle (Life Carbon Dairy), la filière laitière affiche son ambition de réduire les émissions de gaz à effet de serre de 20 % au cours des dix prochaines années. À ce jour, 3900 éleveurs de six grandes régions pilotes (Basse-Normandie, Bretagne, Lorraine, Pas-de-Calais, Pays de la Loire, Rhône-Alpes) sont engagés dans ce programme. En zone bretonne, l'empreinte carbone moyenne d'un litre de lait est actuellement évaluée à 0,99 kg de CO2. Dans cette zone, 10 % des élevages présentent un résultat de 0,85 kg par litre. Des marges de progrès existent donc et l'objectif de -20 % semble réaliste. Quant aux leviers à actionner, bonne nouvelle, ils sont pour la plupart associés à un gain économique pour l'éleveur.

DE LIFE CARBON DAIRY À LA FERME BAS CARBONE

Dans le prolongement de Life Carbon Dairy, le 21 octobre 2015, les principaux acteurs de la filière ont lancé le programme « Ferme laitière bas carbone » qui a pour ambition de toucher l'ensemble des éleveurs laitiers français. Les entreprises de conseil en élevage et dix entreprises laitières ou syndicats d'appellation d'origine sont déjà mobilisées pour le mettre en oeuvre. En juin dernier, ce programme a déjà reçu l'appui de la société civile puisqu'il a été classé quatrième au concours « My Positive Impact » de la Fondation Nicolas Hulot. Une confrontation lancée dans la perspective de la COP 21, qui a soumis cinquante projets au vote des citoyens pour récompenser les plus performants dans la lutte contre le changement climatique Histoire d'entretenir le suspense, les organisateurs ne dévoileront qu'au dernier moment les solutions pour le climat mises sous les projecteurs. Où la ferme laitière bas carbone pourrait-elle être mise en avant ?

LA FERME BAS CARBONE À LA COP 21

Le 1er décembre après-midi, le LPAA (Lima Paris agenda of actions) exposera quatre solutions exemplaires issues de l'agenda des solutions, c'est-àdire du recensement des solutions internationales retenues par les organisateurs de la COP 20 de Lima au Pérou et ceux de la COP 21. Faire partie des solutions internationalement reconnues serait pour la ferme laitière bas carbone une reconnaissance du travail mené par toute une filière. Montrer que l'agriculture et la forêt sont des sources de solutions pour lutter contre le réchauffement climatique est l'un des grands enjeux de la COP 21. Beaucoup d'experts sont d'accord pour admettre qu'une augmentation annuelle du stock de carbone dans le sol de 4 pour 1 000 permettrait de stopper l'augmentation de la concentration en CO2 de l'atmosphère. Le 1er décembre, Stéphane Le Foll, ministre de l'Agriculture, lancera officiellement l'initiative « 4 pour 1 000 » engageant les futurs acteurs à une signature et une déclaration commune. L'occasion sans doute de mettre en avant le stockage du carbone dans le sol des prairies (570 kg de carbone par hectare de prairie permanente) qui place l'élevage des ruminants en général et l'élevage laitier en particulier comme un acteur majeur de cette compensation. Enfin, la ferme laitière bas carbone pourrait faire partie de la douzaine de projets agricoles et forestiers qui seront présentés à la Journée agriculture et climat organisée le 2 décembre par le ministère en charge de l'Agriculture dans l'espace génération climat, donc ouvert à un large public.

Quelle que soit la place qui sera finalement faite aux initiatives de la filière laitière dans ce grand rassemblement international, qui concerne tous les secteurs d'activité et non pas la seule agriculture, depuis un an l'image des productions agricoles et notamment animales face au changement climatique s'est déplacée du problème vers la solution. Comme le climat, les temps changent

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