RLF (Revue Laitière Française) 23 novembre 2016 à 08h00 | Par R.Lemoine

La filière laitière mondiale, actrice majeure du développement durable

Lors de son congrès, qui s’est tenu en octobre dernier, la FIL a signé avec la FAO une déclaration commune qui place le secteur laitier mondial comme un acteur de tout premier ordre dans le programme de développement durable des Nations unies.

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Jérémy Hill, président de la FIL et Ren Wang, directeur général
adjoint de la FAO
Jérémy Hill, président de la FIL et Ren Wang, directeur général adjoint de la FAO - © FIL

Le développement durable était l’invité phare du congrès de la FIL, la fédération internationale du lait, qui s’est tenu à Rotterdam en octobre dernier. Économie circulaire, développement laitier, nutrition pour tous, empreinte carbone… Force est de constater la dynamique portée par les Pays-Bas qui recevaient après trente ans cet événement autour du slogan « Osons le lait ».

OSEZ LE LAIT

1 100 personnes du secteur laitier mondial ont fait le déplacement. Attisant l’assistance, Jan Maarten Vrij, directeur de NZO, l’association de l’industrie laitière néerlandaise, a ouvert les travaux en lançant le défi : « Osez innover votre façon de penser et osez partager les solutions ». En grippe avec une problématique environnementale (le quota phosphate) qui bloque le développement de l’élevage, les Pays-Bas ont voulu faire de ce symposium un moment inoubliable, en accueillant la signature d’une déclaration commune entre la FIL et la FAO, baptisée la déclaration de Rotterdam. Un événement qui a clôturé solennellement le congrès.

Dans la signature de cette déclaration, la FAO reconnaît le rôle essentiel du secteur laitier mondial dans l’économie, la gestion des écosystèmes terrestres, la sécurité alimentaire et la nutrition à l’échelle de la planète. De son côté la filière laitière mondiale, à travers la FIL, affiche son engagement dans le programme de développement durable des Nations unies à l’horizon 2030, tel qu’il a été adopté en septembre 2015. « Soyons le premier secteur à supprimer la faim dans le monde et à lutter contre le réchauffement climatique. Le secteur laitier est le premier secteur agricole mondial, générant 240 millions d’emplois directs et le moyen de subsistance d’un milliard d’hommes et de femmes, soit le bien-être socio-économique d’une personne sur sept dans le monde. Nous gérons un milliard d’hectares et nos vaches transforment l’herbe, produit non consommable par l’homme, en un produit riche en protéines. Le rôle essentiel des produits laitiers dans l’éradication de la faim et de la malnutrition est reconnu. Notre rôle est donc critique », a clamé Jérémy Hill. Les 600 personnes présentes dans la salle ont répondu directement à l’appel en signant l’engagement sur internet. « En 1952, la FAO et la FIL avaient déjà signé des projets dans le développement laitier », a souligné Ren Wang, directeur général adjoint de la FAO, soulignant que c’est la première fois que la FAO s’engage formellement avec un secteur agricole sur le développement durable. Cet accord fixe donc au secteur laitier un objectif commun de haut niveau, pour la sécurité alimentaire, la durabilité et le développement socio-économique.

Mais comment chiffrer les avancées du secteur laitier dans tous ces domaines ? « Nous avons besoin de méthodes, de standards. Et c’est ce que nous avons commencé à faire et que nous poursuivrons avec les OIG (organisations internationales gouvernementales). Car nous avons la responsabilité de progresser », répond le président de la FIL. Des représentants du secteur laitier mondial ont été invités à la tribune pour témoigner. Car le développement durable possède un visage différent selon les pays.

« NO FARMS NO FOOD »

L’Inde, premier pays producteur de lait au monde veut promouvoir la place de la femme dans la production laitière et maintenir un maximum d’éleveurs tout en augmentant la productivité des vaches. Au Kenya aussi, les femmes se mobilisent, comme l’a expliqué Caroline Njeri Gathogo : « j’ai commencé avec une vache. J’en ai aujourd’hui sept. Je vise 200 dans les années qui viennent avec 20 litres par vache ». Les États-Unis, de leur côté, sont au stade de l’élaboration des indicateurs du développement durable et ont mis en place le programme « No farms no food », un mouvement national pour sauver les terres, le sol, l’eau et les hommes et les femmes qui nourrissent le pays et le monde. Pour l’Europe, Roelf Joosten, directeur de FrieslandCampina, a présenté les initiatives de son groupe pour le développement durable, sous le slogan « Nourishing by nature ».

Et à Jeremy Hill, qui terminait ainsi en beauté son mandat de président de la FIL, de conclure : « Nous devons atteindre tous ensemble les 17 objectifs indivisibles que nous nous sommes fixés ».

 

 

Lire la déclaration sur www.fil-idf.org/the-dairy-declaration/

Judith Bryans recevant les clés de
la présidence de la FIL du directeur
de NZO, Jan Maarten Vrij.
Judith Bryans recevant les clés de la présidence de la FIL du directeur de NZO, Jan Maarten Vrij. - © FIL

JUDITH BRYANS, UK DAIRY, NOUVELLE PRÉSIDENTE DE LA FIL

Cet événement coïncidait avec la fin du mandat du président de la FIL, le Néozélandais Jérémy Hill (Fonterra), élu en 2012, et qui a consacré une grande énergie à cette thématique. Jérémy Hill est en effet à l’initiative de Dairy Sustainability Framework (DSF) lancée par la FIL en 2013 dans le cadre du programme Global dairy agenda for action, démarré en 2009. DSF avait pour objet de fournir un cadre méthodologique commun à l’ensemble des acteurs du secteur laitier pour construire une vision partagée de la durabilité de leur activité. Judith Bryans, directrice de Dairy UK, a été élue présidente de la FIL pour les quatre ans à venir. Elle a participé aux travaux de la FIL à tous les niveaux depuis 2005. Elle souhaite renforcer les relations de la FIL avec les organisations internationales gouvernementales comme la FAO et le Codex, et attirer plus de pays à la FIL. Cette année, l’Ukraine a rejoint la FIL et l’Argentine a pris part aux travaux en tant qu’observateur, préfigurant sans doute le retour de cette délégation. La France reste représentée au conseil d’administration par Thierry Geslain, directeur technique et scientifique du Cniel, et au Comité de coordination du programme par Laurent Damiens, directeur économie du Cniel (représentant le domaine du marketing), et Eric Grande, de Lactalis (représentant le domaine des normes).

CHIFFRES CLÉS

83,6 milliards de dollars pour le commerce mondial de produits laitiers (2013)

+2,3 % par an pour le développement de la production laitière dans le monde depuis 2000

818 millions de tonnes de lait produit dans le monde (tous laits)

Les membres de la FIL assurent 75 % de la production la production laitière mondiale

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