RLF (Revue Laitière Française) 10 novembre 2017 à 08h00 | Par A-M Paulais

Les AOP face aux attentes sociétales

Créées en 1905, basées sur un cahier des charges et des contrôles rigoureux, les appellations d’origine cherchent à mieux répondre aux attentes d’une société en évolution.

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De gauche à droite : Dominique Chambon, président
de l’appellation rocamadour ; Patrice Chassard, président
de l’appellation saint nectaire ; Karine Serrec, du ministère
de l’Agriculture ; Michel Lacoste, président du Cnaol ;
Jean-Louis Piton, président de l’Inao.
De gauche à droite : Dominique Chambon, président de l’appellation rocamadour ; Patrice Chassard, président de l’appellation saint nectaire ; Karine Serrec, du ministère de l’Agriculture ; Michel Lacoste, président du Cnaol ; Jean-Louis Piton, président de l’Inao. - © A.-M.PAULAIS

Pour Michel Lacoste, président du Conseil national des appellations d’origine laitières (Cnaol), ce n’est pas une question mais bien une affirmation : « l’AOP est un concept moderne qui répond aux attentes de la société ». La progression des ventes de fromages AOP de 1,2 % en volume en 2016, dans le contexte tendu du marché des fromages, est là pour le prouver (lire la Revue Laitière Française, n°774, p.18). Il n’empêche, les débats qui ont nourri les deux journées de l’assemblée générale du Cnaol, à Saint Nectaire au cœur de la zone AOP saint nectaire en septembre dernier, ont souligné un déficit de communication et le besoin de mieux écouter le consommateur.

« On communique très mal. Il nous faut un socle commun et un logo plus fédérateur », s’est écrié Dominique Chambon, président de l’appellation rocamadour. « Nous sommes cinquante AOP laitières avec une grande diversité. Notre pas de temps n’est pas celui d’internet et des réseaux sociaux. On ne modifie pas un cahier des charges en 48 heures », a ajouté Didier Lincet, président de l’appellation chaource. Les deux vice-présidents du Cnaol ont pointé du doigt les enjeux d’avenir des AOP laitières. La capacité à mieux se faire connaître, notamment des jeunes générations, face à la montée en puissance du bio et des autres démarches qualité émergentes. La capacité à continuer à s’adapter aux demandes sociétales (comment mieux répondre aux attentes actuelles sur le bien-être animal) mais aussi comment mieux faire connaître les valeurs qui fondent les AOP.

L’assemblée générale du Cnaol
s’est tenue au cœur de l’AOP
saint nectaire. Elle s’est interrogée
sur sa capacité à mieux faire
connaître ses valeurs et à mieux
répondre aux attentes en pleine
évolution des consommateurs et
citoyens français.
L’assemblée générale du Cnaol s’est tenue au cœur de l’AOP saint nectaire. Elle s’est interrogée sur sa capacité à mieux faire connaître ses valeurs et à mieux répondre aux attentes en pleine évolution des consommateurs et citoyens français. - © A.-M.PAULAIS

UNE FÊTE DES AOP À L’OCCASION DES JOURNÉES DU PATRIMOINE EN 2018

Michel Lacoste l’a reconnu dans son discours, il faut que le consommateur continue d’acheter pour le goût mais qu’il intègre aussi l’acte citoyen de préservation de l’environnement, l’acte écosolidaire lié à l’ancrage territorial des AOP et le respect du bien-être animal puisque la plupart des AOP laitières ont un large recours au pâturage. C’est pourquoi le président du Cnaol a annoncé la mise en place d’une fête des crèmes, beurre et fromages AOP en 2018, à l’occasion des journées du patrimoine. L’assemblée générale avait voté la veille le principe d’une cotisation à hauteur de un euro par tonne de produit pour financer cette manifestation.

Yves de la Fouchardière, directeur général de l’indication géographique protégée (IGP) volailles de Loué, a fait un appel au pragmatisme et à la réactivité : « les seules attentes sociétales qui comptent sont celles qui sont étiquetables, et la seule chose qui compte c’est ce que pense le consommateur ».

DÉFENDRE DES VALEURS FORTES

Un discours qui tranchait un peu avec le plaidoyer de JeanLouis Piton, nouveau président de l’Inao, Institut national de l’origine et de la qualité, pour qui « les appellations d’origine sont porteuses de promesses sociétales fortes et d’un niveau de certification élevé », en travaillant dans un temps long et en embarquant des promesses spécifiques notamment sur les conditions de fabrication. Des promesses qui, elles aussi, mériteraient d’être mieux expliquées aux consommateurs en quête d’authenticité, de valeur ajoutée et de sens.

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