RLF (Revue Laitière Française) 20 novembre 2013 à 08h00 | Par R.Lemoine

Sophie Bertrand, direction scientifique et technique du Cniel - « La FIL prépare un guide sur l'empreinte eau »

Lors du Sommet de la FIL fin octobre au Japon, un guide de l'empreinte eau des produits laitiers a été discuté. De son côté, l'ISO achève une norme générale sur l'empreinte eau. La publication de ces travaux est pour 2014.

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- © RITA LEMOINE

 

Où en est-on avec les méthodes de calcul de l'empreinte eau ?

Sophie Bertrand - L'empreinte eau d'un litre de lait a fait l'objet de nombreuses analyses donnant des résultats allant de 1 000 litres d'eau par litre de lait (Waterfootprint network), à 13,5 litres équivalent eau par litre de lait (Ridoutt et al.), en passant par 66 litres (DeBoer et al.). Pour arrêter la confusion générale, l'ISO a démarré en 2009 un groupe de travail chargé de rédiger une norme sur le calcul de l'empreinte eau des produits. Cette norme est quasiment achevée et devrait être publiée en 2014.

 

Quelles sont les spécifications de la norme ISO en préparation ?

S. B. - La norme spécifie les principes, les exigences et les lignes directrices relatifs à l'évaluation, basée sur l'analyse du cycle de vie, de l'empreinte eau des produits, des processus et des organismes.

 

Quels sont ces principes ?

S. B. - Ils sont au nombre de trois. Le premier principe stipule que l'empreinte eau doit suivre une approche cycle de vie. Le deuxième établit que les deux problématiques de quantité (stress) et de qualité doivent être considérées simultanément avec une évaluation complète des impacts sur les potentiels et sur les ressources en eau. Le troisième considère qu'une empreinte eau doit évaluer les impacts potentiels. En effet, la quantification des volumes n'est pas suffisante ; le contexte local doit être pris en compte. Ces recommandations permettent de bien comprendre ce à quoi une empreinte eau doit ressembler.

 

La norme donne-t-elle des indications sur les méthodologies ?

S. B. - Non. Aucune indication sur comment effectuer les calculs n'est donnée, car aucun consensus scientifique n'a été trouvé sur les méthodes. C'est pourquoi la FIL travaille, en parallèle, à un guide Empreinte eau des produits laitiers qui, tout en suivant les recommandations de l'ISO, donnera des indications sur la manière de calculer cette empreinte. Le guide de la FIL présentera des études de cas et détaillera largement les aspects impacts sur la qualité de l'eau qui peuvent être très divers selon les conditions locales.

 

Ceci veut-il dire qu'un consensus a été trouvé au sein de la filière laitière mondiale ?

S. B. - Le groupe de travail de la FIL a en effet trouvé un consensus sur une première version, mais certains points restent encore à discuter comme la valeur des paramètres par défaut à recommander, ainsi que les méthodes pour évaluer l'impact potentiel sur la qualité de l'eau. Le guide recommandera la liste des données à collecter avant les calculs. L'allocation lait/ viande est la même que pour l'empreinte carbone en ce qui concerne l'eau utilisée pour les cultures et intrants, mais l'eau utilisée pour le nettoyage à la ferme est à allouer directement au lait. Le guide fournira aussi une liste des meilleures méthodes disponibles pour évaluer le stress hydrique et les impacts sur la qualité de l'eau. Contrairement au guide sur l'empreinte carbone, ce guide sur l'empreinte eau laisse donc encore le choix entre plusieurs méthodes possible, car il n'existe pas à ce jour de consensus scientifique sur une méthode qui pourrait être recommandée au niveau international. Cependant, lors de la toute dernière réunion au Japon, les membres du groupe ont trouvé un consensus sur un index hydrique ainsi que sur une méthode de calcul pour évaluer l'impact sur l'environnement, à recommander parmi la liste proposée. Discuté lors du Sommet de la FIL, le guide devrait être publié en 2014 et sera révisé régulièrement en fonction des avancées de la science sur les méthodes proposées.

 

IDENTITÉ

Sophie Bertrand, chef du service environnement à la direction scientifique et technique du Cniel. Elle a participé aux premières réunions du groupe ISO sur l'empreinte eau et participe aux réunions du groupe de travail FIL sur l'empreinte eau. Elle est la présidente du Comité environnement de la FIL.

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