RLF (Revue Laitière Française) 14 novembre 2018 à 10h00 | Par SABINE CARANTINO

Ultrafrais : Optimiser la nature des matériaux

Les fabricants d’ultrafrais veulent agir sur la nature des matériaux entrant dans la fabrication des pots pour moins d’impact sur l’environnement.

Abonnez-vous Réagir Imprimer
Matériaux biosourcés, du polystyrène recyclé, du sur-tri, de la
consigne et du vrac même si la gestion des risques sanitaires est compliquée. Tout est mis en place pour parvenir à un moindre impact environnemental des emballages de l’ultrafrais laitier.
Matériaux biosourcés, du polystyrène recyclé, du sur-tri, de la consigne et du vrac même si la gestion des risques sanitaires est compliquée. Tout est mis en place pour parvenir à un moindre impact environnemental des emballages de l’ultrafrais laitier. - © A. Muriot / Cniel

Les pots de yaourt, de fromage blanc ou de crème vontils peu à peu disparaître en GMS au profit d’une vente en vrac en libre-service ou pour faire place à de plus gros contenants qui n’ont, pour l’instant, pas encore beaucoup séduit les Français ? Le scénario est, bien sûr, peu crédible, d’autant que, comme le souligne Véronique Fabien-Soulé, déléguée générale de Syndifrais, « la gestion des risques sanitaires serait compliquée et aussi parce que la portion individuelle évite le gaspillage ». Pourtant, les propositions ne manquent pas. Il y a dix-huit mois, lors de l’ouverture d’un magasin pilote à Villiers-en-Bière en Seine-et-Marne, Carrefour a proposé un bar à yaourt composé de quatre bidons de lait à l’ancienne remplis chacun d’un yaourt portant une saveur différente. « Mais ce bar n’a pas convaincu les consommateurs. Sans doute parce qu’ils n’étaient pas encore mûrs. Plus certainement parce qu’ils craignent les risques sanitaires, avérés ou non », rappelle Olivier Dauvers, expert de la « grande conso ». À la même époque, le laitier Yéo Frais a, lui aussi, proposé de s’affranchir du pot en optant pour sa Fontaine à yaourt, une sorte de poche-cubi à mettre au réfrigérateur pour une consommation à volonté. Née d’une stratégie d’amélioration du service, plus que de réduction de l’impact environnemental, cette fontaine se développe doucement, sans pour autant faire beaucoup d’émules. Certains distributeurs l’ont toutefois adoptée pour leurs marques de distributeurs.

 

SYNDIFRAIS AVEC TOTAL, SAINT-GOBAIN ET CITEO

Pour réduire l’impact environnemental de leurs emballages, les marques de produits ultrafrais laitiers s’appuient sur d’autres voies. Après avoir considérablement réduit les poids des emballages en amincissant les pots, les opercules et les étuis et en diminuant ou supprimant les cartonnettes (Danone, Lactalis, Yoplait…), elles se tournent aujourd’hui vers la nature des matériaux et leur recyclabilité. « En partenariat très étroit avec nos fournisseurs, nous travaillons tous les jours à faire évoluer nos matériaux d’emballage, notamment vers plus de recyclabilité, ceci quels que soient nos marchés, ultrafrais laitiers mais aussi lait et beurre », indique Frédérick Bourget, directeur marketing du groupe Sill.

Rappelons que Malo et Petit Basque, du même groupe, séduisent les consommateurs depuis des années avec leurs pots carton et pots verre porteurs de valeurs écologiques mais aussi d’authenticité et de tradition, de naturalité et de simplicité. Par contre, bien que majoritaire sur le marché, le pot en PS ne peut pas s’appuyer sur des valeurs de recyclabilité. C’est une des raisons de la relance, il y a un an, du groupe de travail Emballage au sein du syndicat des produits laitiers frais, Syndifrais. « Il nous fallait travailler de nouveau à l’amélioration de la recyclabilité de nos pots en PS, indique Véronique Fabien- Soulé. Nous collaborons avec les groupes Total et Saint-Gobain et Citeo pour créer une filière industrielle de recyclage par voie chimique du PS. D’ici 2019, 4 000 tonnes de polystyrène contenant au moins 20 % de polystyrène recyclé (r-PS) seront ainsi fabriquées par Total. »

 

ÉTUDIER LES PROPRIÉTÉS DU POLYSTYRÈNE

Syndifrais s’est d’ailleurs publiquement et fortement engagé, via Citeo, à soutenir, notamment par la communication, la mise en place du tri, du sur-tri et de la préparation de plusieurs centaines de tonnes de polystyrène issu du programme d’extension des consignes de tri des emballages ménagers. « On s’est rapproché du Critt Polymères pour étudier les propriétés du PS recyclé par voie mécanique, dont les débouchés sont, aujourd’hui, les cintres, les boîtes de CD… », ajoute Véronique Fabien-Soulé. Vertueux par nature, les matériaux biosourcés n’ont pas fait de percée sur le marché de l’ultrafrais laitier. Danone a, par exemple, abandonné ses pots et mini-bouteilles en PLA. Petit Basque du groupe Sill ne baisse cependant pas les bras et continue de tester des pots en matériaux 100 % biosourcés (comme le bambou), mais les résultats ne sont pas encore satisfaisants.

 

LE PLASTIQUE MAJORITAIRE

Plus de 95 % des pots de yaourts, fromages frais et desserts lactés sont en plastique.
Le restant des pots est en verre ou en carton.
74 % du plastique utilisé est du PS (polystyrène très légèrement expansé ou non), 13 % du PP (polypropylène), 8 % du PET, 5 % du PEHD.

Réagissez à cet article

Attention, vous devez être connecté en tant que
membre du site pour saisir un commentaire.

Connectez-vous Créez un compte ou

Les opinions émises par les internautes n'engagent que leurs auteurs. Revue Laitière Française se réserve le droit de suspendre ou d'interrompre la diffusion de tout commentaire dont le contenu serait susceptible de porter atteinte aux tiers ou d'enfreindre les lois et règlements en vigueur, et décline toute responsabilité quant aux opinions émises,

Les ARTICLES LES PLUS...

Voir tous

À LA UNE DANS LES RÉGIONS

» voir toutes 24 unes régionales aujourd'hui