RLF (Revue Laitière Française) 25 avril 2018 à 16h00 | Par R.Lemoine

Interview de Robert Brzusczak, (Savencia), président de la Fnil : « Retrouver de la valeur sur le marché français »

La gouvernance de la Fédération nationale de l’industrie laitière a changé. Robert Brzusczak, le nouveau président, explique les évolutions et les priorités qui seront les siennes.

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Robert Brzusczak
est directeur général
délégué du groupe
Savencia Fromage & Dairy.
Robert Brzusczak est directeur général délégué du groupe Savencia Fromage & Dairy. - © Savencia

Vous avez pris la présidence de la Fnil en décembre dernier. Peut-on parler d’une nouvelle gouvernance ?

R. B. - De 2006 à fin 2017, Olivier Picot a occupé le poste de président directeur général de la Fnil à plein temps. Cette période a été celle de la restructuration de l’interprofession à laquelle il a apporté sa contribution, alors qu’en parallèle nos entreprises se consolidaient. Olivier Picot a été aussi président d’Atla qui réunit les industriels privés et les coopératives laitières autour des questions techniques, sociales et économiques notamment. Aujourd’hui, à l’heure des États généraux de l’alimentation (EGA) et du lancement du plan de filière, les enjeux ont évolué et demandent une plus grande implication de nos membres dans la vie de la Fnil. Mon rôle va consister à animer une équipe rassemblant les représentants des entreprises laitières privées au sein du bureau et du conseil d’administration de la Fnil. Jehan Moreau a été nommé directeur général de la Fnil. En ce qui concerne Atla, nous sommes entrés dans une nouvelle gouvernance avec une coprésidence assurée par Olivier Buiche pour Coop de France métiers du lait et Emmanuel Treuil pour la Fnil.

 

Quels sont ces nouveaux enjeux et comment envisagez-vous d’y répondre ?

R. B. - La rentabilité de nos entreprises s’est fortement dégradée en France. Les EGA l’ont bien souligné. Notre priorité est de retrouver de la valeur sur le marché intérieur. Ceci passe entre autres par le plan de filière auquel la Fnil participe pleinement. Il nous faut retrouver de la compétitivité à l’amont comme à l’aval. C’est le défi de notre filière. La France est notre marché coeur, mais la France est aussi en Europe et doit faire avec ses grands voisins laitiers, qui ont amélioré leur compétitivité globale. Ceci d’autant plus que les exportations accaparent plus de 40 % de la production laitière de notre pays. Le travail entrepris dans le cadre du plan de filière mené avec l’interprofession et les pouvoirs publics est essentiel.

 

Vous attachez une grande importance au plan de filière ?

R. B. - Nous attachons un grand intérêt aux engagements pris dans le cadre de ce plan et nous soutenons son déploiement. Des échéances à six mois et à un an nous attendent. Nous y travaillons avec nos partenaires au sein du Cniel. Dans ce cadre nous devons trouver une place pour chacun, les distributeurs et les organisations de producteurs notamment. La réflexion sur les indicateurs pour mesurer la performance sociale, économique et environnementale de notre filière est lancée. Les travaux autour de la RSE sont un sujet qui nous tient particulièrement à coeur, cette question étant au centre de la stratégie de nos entreprises depuis plusieurs années.

 

Quelle est votre priorité dans le cadre de votre mandat, au-delà du plan de filière ?

R. B. - Il est temps de prendre la parole pour montrer la place de nos entreprises dans le tissu social français. Les entreprises laitières privées, grands groupes et PME, avec leurs 260 sites répartis sur tout le territoire, génèrent 36 000 emplois.  Cinq sont dans le top 30 mondial et participent pleinement au rayonnement de la qualité française à l’international au travers des produits exportés. Cependant, nos racines sont ici en France et c’est par cet ancrage fort que nous développons notre rayonnement. Nous voulons réaffirmer ce rôle structurant de nos entreprises adhérentes dans l’économie laitière de la France, tout en soulignant notre forte contribution positive à la dynamique laitière.

 

IDENTITÉ

 

Robert Brzusczak est directeur général délégué du groupe Savencia Fromage & Dairy. Il a fait toute sa carrière dans le secteur laitier, chez Corman, Sodiaal et depuis 2000 chez Savencia. Il a été président d’EDA de 1999 à 2004. Il a été élu en décembre dernier comme président de la Fnil (une centaine d’adhérents), suite au départ à la retraite de son PDG pendant onze ans, Olivier Picot.

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